Je ne décide pas de mes pensées.

Je ne décide pas de mes pensées, pas de ce qui m’arrive, pas de la pluie qui tombe, pas de mes rencontres, pas de mon salaire. Mes pensées me sont données, je ne peux pas les empêcher. Je ne peux que les accepter, je ne peux qu’accepter ce qui m’arrive dans cet instant.

Cependant , faire le voeux d’acceptation est un voeu pieu. Car en vérité, la plupart du temps, je n’accepte pas ce qui m’arrive. Je ne veux pas du moment qui est là. Je n’y arrive pas. J’ai toujours une autre façon de voir, de juger, de croire que les choses pourraient être autrement. Et je crois en mon histoire. Je veux toujours autre chose et je ne peux pas faire autrement que de vouloir autre chose. Mon esprit parle dans ma tête et me dicte tout cela.

Le monde est le reflet de mes pensées ?

Et je ne suis pas maître de mes pensées ? Alors je subirais un monde qui viendrait de mes pensées que je ne décide pas vraiment ?

Mes pensées me tombent dessus les unes après les autres. Je voudrais pouvoir en chasser certaines et juste faire en sorte que seules les pensées que je désire vraiment tombent automatiquement. Mais non. Des tas de pensées tombent sans crier gare. Malgré moi. Plein de pensées jugées négatives ou du moins qui ne me correspondent pas tombent en permanence dans ma tête. Elles semant des graines à l’infini pour créer un univers que j’ai l’impression de ne pas vouloir.

Je suis victime de mes pensées.

Que puis-je comprendre de cela, je me vois comme une victime de mes pensées. Je suis dans un monde que paraît-il je crée à chaque instant en fonction de mes pensées. Mais ce sont des pensées qui tombent dans ma tête malgré moi. Et ce sont des pensées auxquelles je crois malgré moi la plupart du temps.

Même si au fond de moi, quand je suis calme et apaisé je vois que tout cela est faux. Mais je suis rarement calme et apaisé. Comment le pourrais je avec toutes ces croyances et toutes ces pensées ?

Ne plus croire à ses pensées : le pouvoir de mes pensées.

Je les aime et je les déteste ces pensées. Je voudrais ne pas y croire, mais j’y crois quand même. Car j’ai à peine envie de ne pas y croire. Et même si je choisis de ne plus y croire, peu de temps après ce choix, mes pensées reprennent le pouvoir, envahissent mon esprit puissamment et me ramènent à leurs raisons. C’est un engrenage, je suis pris dans une habitude, un cercle vicieux.

Changer nos habitudes de penser.

Il semblerait alors que les pensées tombent par habitude. Il faudrait alors que je change cette habitude. Que je m’entraîne encore et encore à produire d’autres pensées. Mais il faudrait aussi que je m’entraîne à ne plus croire en ces anciennes pensées. J’ai l’impression que je dois passer ma vie à travailler à changer mes pensées. On me dit de vivre le moment présent alors que je suis assailli par les pensées qu’il faudrait que je change en permanence parce que ce ne sont pas les bonnes et qu’elles me donnent a priori un univers et une vie que je ne veux pas. Comment se sort-on de cela ?

Le choix de penser ?

En ce jour je me dis que je n’ai pas d’autres choix que d’avoir ce monde-là, ce monde que je suis en train de vivre. Que je n’ai pas d’autres choix que d’avoir ces pensées que je suis en train de penser. Peut-être puis-je décider de ne plus y croire, de ne pas les suivre. Certes. Encore faut-il que je sois un minimum présent à moi-même et que je ne me laisse pas embarquer malgré moi dans le tourbillon de ces pensées.

Les pensées automatiques.

Je me retrouve producteur de mon propre malheur, sans avoir véritablement le pouvoir de le changer facilement et rapidement. Car je ne sais même pas qui produit ces pensées et d’où elles viennent. Elles sont comme automatiques et elles créent mon monde, mon univers. Je pourrais changer mon univers en changeant mes pensées, mais mes pensées automatiques sont puissantes et tout simplement plus fortes que l’idée que ce serait possible et facile de changer mon univers en changeant mes pensées.

Mais qui veut changer mon univers ? Qui veut ce pouvoir ? Qui n’est pas content et voudrait que les choses soient autrement ? Mes pensées se produisent automatiquement et en même temps, il m’apparait que c’est ce monde de pensées automatique qui voudrait que les choses soient différentes. La voix qui parle dans ma tête, celle qui commente, qui juge, qui râle, c’est elle qui est le personnage et qui fait voeu de changement. Qui n’est jamais content de son sort.

Pourquoi ce personnage (avec ses pensées) voudrait-il changer son monde ?

Que veut-il en n’étant jamais satisfait ? Que veut-il en demandant la liberté sans jamais la donner ? Il sait très bien que si je deviens libre, alors il disparaît. L’ego qui veut le changement est un traître qui se ment à lui même, car il ne veut pas mourir. Il veut vivre et revivre encore. Et le seul moyen qu’il a pour vivre c’est de produire des pensées pour créent des problèmes et cherchent des solutions.

Les pensées créé le personnage.

Il est vrai que sans ce personnage, je serai certainement plus heureux. Mais ce personnage est là, et j’en suis aussi la victime, et j’y crois. Je lui suis soumis. Je crois en ce personnage. Je crois que je suis ce personnage. Et ce personnage se fait croire que non. Qu’il est très spirituel et détaché, qu’il a tout compris. Pour le moment, je ne peux m’empêcher d’y croire. Il a le pouvoir. Je ne veux pas le lâcher. Je voudrais, mais je ne peux pas. Parce que je pense que j’ai très peur de le lâcher. Parce que si je crois en lui et que si je décide de le lâcher, alors, cela veut dire que je décide de mourir. Tant que je suis persuadé d’être lui et que lui est moi, alors il gardera le pouvoir et produira encore et encore ses pensées.

Alors que faire, me laisser embarquer dans ce personnage en me rappelant de temps en temps, quand cela est moins agité dans mon esprit, que c’est juste un personnage ? Mais en acceptant aussi de vivre à l’intérieur de ce personnage et de souffrir de ce que vit ce personnage.

La solution est d’arrêter de chercher des solutions et donc de penser.

Il n’y a pas de solution pour se libérer. L’impression que j’ai, c’est qu’il faudrait que je passe ma vie à me libérer, programmant et reprogrammant encore des pensées. Ou passer mon temps à me détacher de mes pensées. Comme s’il fallait tout le temps faire quelque chose, faire et refaire et refaire. Il paraît qu’il y a un moyen juste en décidant ce que l’on veut vraiment et en laissant faire la vie , en la laissant décider. C’est à dire : je veux vivre ceci, et je fais confiance à l’univers. Pour le vivre. Mais cette décision est vite rattrapée par mes habitudes de penser qui prennent le relais, qui prennent le dessus. Inlassablement.

Prisonnier de ses pensées ?

Alors la vie me renvoie cette réalité. Je suis prisonnier de moi-même. Il y a certainement une clé, un passage. Mais je ne l’ai pas. Je n’ai plus envie de travailler et de travailler encore et encore pour forcer ce passage. La clé est ailleurs et je dois avouer aujourd’hui que tout simplement je ne l’ai pas. Je n’ai d’autres solutions que de vivre le personnage automatique dans cet instant et dans ce monde. Ce qui implique que je n’ai pas d’autre solution que de souffrir dans l’espoir qu’un jour peut être … Car oui, ce « un jour peut être » fait aussi parti de mes pensées. À quoi bon vouloir la changer. Elle est là et j’y crois. Ainsi soit-il.

La vie suis le cours de mes pensées que je ne décide pas.

Je ne décide de rien. La vie qui se produit sous mes yeux est là malgré moi. Elle suit le cours de mes pensées que je ne décide pas. Elle suit le cours de mes croyances que je m’évertue à ne pas croire, mais auquel le je crois quand même.

Je suis souvent pris dans mon propre spectacle. Je disparais dans mon personnage. Je n’y peux rien. Le personnage croit décider, mais ne décide de rien, ou de pas grand-chose. Il croient parfois faire un choix, mais il est vite rattrapé par le puissant courant de la vie qui le remet sur le véritable chemin.

Penser n’est pas le pouvoir sur sa vie.

Et tout cela dans la souffrance. Car toutes les décisions du personnage qui ne sont pas alignées avec ce qu’il est vraiment, avec ce qu’est vraiment la vie, c’est à dire, la liberté, la joie, l’amour, va créer un déphasage avec ce courant naturel de la vie et donc générer de la souffrance. Le personnage se bat et se bat encore avec un monde qu’il croit maîtriser. Il se confronte tout le temps au flux naturel de la vie. Je suis ce personnage qui dit que j’ai une vie que je veux décider. Mais en réalité, je ne la décide pas. Peu importe. Je veux croire que j’ai le pouvoir de décider. Le personnage veut le croire.

Le monde que je suis est avant ma pense »e.

Je n’arrive pas à me détacher de lui. Alors je souffre. Je souffre de ses décisions auxquelles je crois et qui se confrontent à la réalité d’un monde qui est avant lui, qui existe avant lui. J’ai l’impression que je n’ai pas le pouvoir de ne plus croire en ce personnage. Que j’’y crois malgré moi.

C’est un trou sans fond, un tourbillon sans fin. Que faire ? Je ne sais pas. Rien. Car jusqu’à aujourd’hui, tout a été vain. Mais j’ai continué quand même de faire, de vouloir agir. Et je continue encore de croire sans plus vraiment y croire, mais plus par habitude, qu’il faut faire pour être libre, heureux. Pour être tout simplement.

Il n’y a pas de solution. Il y a sûrement une vérité. Une clef. Un déclic. Mais qui décide du moment de la rencontre avec cela ?

Je ne sais pas. La vérité est que je ne sais rien de ce grand mystère qu’est la vie. Je suis de passage par ici et je me débats dans ma petite prison.

Qui est le geôlier et qui a les clefs ?

La réponse à cette question est la vérité et la véritable solution.