Je reviens d’un conseil de discipline : mon témoignage

Voici mon témoignage d’un conseil de discipline au seul j’ai assisté en tant que parent d’élève invité à y participer.

Je suis dans l’association des parents d’élève du collège dans l’établissement de mon fils. Et ce soir j’avais un conseil de discipline pour une enfant de ce collège qui avait fait pas mal de bêtise : insolence, harcèlement et j’en passe.

Des faits assez graves en réalité.

Le déroulé d’un conseil de discipline est classique.

Le conseil de discipline est une instance qui réunit dans une salle de l’établissement toute la communauté éducative. Il y a des enseignants, des élèves, des parents d’élèves, le personnel d’entretien, les éducateurs, la direction. Toutes les instances du collège, éducatif, entretien, direction, et utilisateurs sont représentés.

Dans un conseil de discipline, le déroulé est simple : on expose les faits, on écoute les témoignages, on demande des explications à l’élève. Puis le conseil délibère pour donner une sanction.

Laissons de côté les faits, ce n’est pas le témoignage que je veux vous partager. Ce qui est intéressant de comprendre c’est comment nous fonctionnons la plupart du temps.

Témoignage personnel sur l’éducation de mes enfants.

Je n’ai personnellement jamais puni mes enfants.

J’ai pu parfois leur demander d’aller dans leur chambre, mais c’était plus pour être un peu tranquille lorsque j’étais à bout et qu’il était turbulent que pour les punir. Je n’ai jamais fait chez moi de conseils de discipline.

Car oui, il faut reconnaitre que même si cette instance solennelle du conseil de discipline existe dans les collèges et lycées, il en est d’autre surement moins officiel qui existe aussi sein de nos propres familles.

Donc, je ne punis pas. Je sais que la communauté éducative ne me suit pas du tout sur le sujet. Même les parents d’élèves sont frileux là-dessus. Et peut-être que toi aussi.

Mon témoignage du conseil de discipline : un jugement

Pour moi, juger est vraiment un phénomène étrange parce que personne n’est à l’abri de l’erreur. Qui peut se prévaloir de n’avoir jamais fait une bêtise. Qui n’a jamais eu besoin de tester, de se tromper dans sa vie.

Qui même à un moment de sa vie n’a pas été mauvais ou injuste ?

Nous nous passons beaucoup plus d’erreurs qu’a autrui. Nous sommes aussi beaucoup plus exigeants vis-à-vis de nos enfants que de nous-mêmes. Nous ne jugeons pas non plus de la même manière nos propres enfants et les enfants des autres.

À partir de quand faut-il juger et à partir de quand devons-nous estimer que nous sommes juste en train d’apprendre ? Où que l’autre est en train d’apprendre ?

Certaines personnes proviennent de milieux tellement difficiles qu’il leur est encore plus difficile de comprendre et d’intégrer les règles de notre société que ceux qui sont mieux intégrés.

Qui alors est coupable ou responsable dans un conseil de discipline ?

Mon témoignage sur le conseil de discipline m’amène à me poser de nombreuses questions spirituelles, philosophiques, et même de développement personnel.

À quel niveau avons-nous notre part dans toutes les bêtises de ce monde ?

Je n’ai pas de réponse à donner. Sûrement parfois il faut passer à la sanction dans certains cas. Mais comme te l’ai dit, je ne suis pas adepte de la sanction. Ce que j’essaye juste de dire, c’est qu’avant de sanctionner, il faut appendre, expliquer donner et comprendre.

J’ai entendu un témoignage terrible dans ce conseil de discipline qui disait : si tu es sage, nous t’aiderons. Si tu n’es pas sage, nous n’aurons pas envie de t’aider.

Et moi, je réponds : sage ou pas sage, fait ton boulot d’éducateur. Et je ne m’adresse pas qu’au personnel éducatif du collège. C’est notre responsabilité à tous de nous occuper de tous les enfants. Parce qu’ils sont la vie et monde de demain.

C’est notre responsabilité à tous.

L’erreur fait partie du processus pélagique. Est-ce que punir fait partie de la pédagogie ? Est-ce que punir, c’est éduquer ?

Les différentes instances du conseil de discipline cherchent plus à réprimander qu’à améliorer. Pour moi, l’idée c’est que tout le monde ressorte grandi. Que l’erreur puisse permettre des prises de conscience aussi bien pour l’élève que la communauté éducative. J’inscris dans communauté éducative, tout le monde : parents d’élèves, professeurs, personnel d’entretien, etc.

Ce qui est terrible c’est de savoir qu’un enfant n’a pas le droit à l’erreur. Et quand quelqu’un n’a plus le droit à l’erreur, c’est comme si on lui disait, tu n’as pas le droit de te tromper. Tu n’as pas le droit d’apprendre.

Dire à un enfant on t’aidera si tu es gentil c’est tout simplement faire du chantage. Et je dirais même, du chantage affectif. Or, nous sommes tous, tout le temps en train d’apprendre.

Certains semblent avoir le droit de faire des erreurs et apprendre de leurs erreurs quand d’autres doivent apprendre par la sanction.

Mon témoignage dans le conseil de discipline

J’ai personnellement essayé de faire passer un autre message au sein de la communauté éducative rapidement balayée par la nécessité de se comporter à la règle sans que l’on se soucis d’où vient la personne et ce qui lui est arrivé en réalité.

Car derrière un acte désespéré, il y a toujours de la souffrance ou de l’ignorance qu’il sera difficile d’arrêter par une sanction.

On peut même supposer que cela ne fera qu’empirer.

Je pourrais vous faire plusieurs témoignages de conseil de discipline. Car ce n’était pas mon premier (hélas). J’ai bien dû en faire une quinzaine. Et bien tous étaient pour des enfants en grande difficulté familiale. Tous. Certains n’avaient pas de parents ou des parents absents ou des parents drogués, alcooliques ou que sais-je encore.

Ces enfants privés d’amour se trouvent avec pour seule réponse « soit gentil si tu veux qu’on t’aide ».

Le témoignage de l’élève face à l’équipe pédagogique

J’aimerais tellement que le conseil de discipline soit le lieu de réflexions plus profondes avec l’élève. Qu’il devient une chance pour lui.

J’ai essayé dans le maigre temps qui m’était imparti d’essayer d’expliquer à l’élève de voir son propre intérêt. De se poser la question de savoir si la personne qu’elle était lui plaisait.

Cette élève avait quand même fait de graves bêtises. Ma question : voulait-elle se construire avec ce type de personnalité ? Voilà ce que j’ai essayé de lui demander le plus simplement possible.

J’essayais de lui montrer son intérêt et lui proposer d’être et de vivre son propre choix et de ne plus se poser en victime, mais en créatrice de sa vie.

De faire les choses non pas pour être gentils avec le personnel enseignant, mais pour elle. C’est la question que nous devons tous nous poser. Qui « je ne veux plus être » et « qui je veux être ».

Car nous nous sommes tous construit un personnage. À partir de notre enfance, de notre vie de famille et de ce que l’on a dit et appris à l’école, mais aussi justement pour certains, dans ce temps fort qu’est un conseil de discipline.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas obligés d’écouter et de suivre tout cela. Nous pouvons nous désolidariser de ces conditionnements et imaginer une autre personne pour nous.

Aujourd’hui, déclare qui tu ne veux plus être et imagine sans limites ce que tu veux devenir.

Tu le vois, mon témoignage va plus loin qu’un conseil de discipline.

Nous sommes tous issus de nos histoires que parfois nous trainons comme des casseroles. Si nous souffrons dans nos vies, c’est à cause de ces casseroles. De ces mémoires que nous devons déprogrammer.

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